Elegies
Work detail
Maison de la naissance, o nid, doux coin du monde ! o premier univers ou nos pas ont tourne ! Chambre ou ciel, dont le coeur garde la mappemonde, au fond du temps je vois ton seuil abandonne. Je m'en irais aveugle et sans guide a ta porte, toucher le berceau nu qui daigna me nourrir. Si je deviens agee et faible, qu'on m'y porte ! Je n'y pus vivre enfant, j'y voudrais bien mourir, marcher dans notre cour ou croissait un peu d'herbe, ou l'oiseau de nos toits descendait boire et puis, pour coucher ses enfants, becquetait l'humble gerbe, entre les cailloux bleus que mouillait le grand puits ! De sa fraicheur lointaine il lave encor mon ame, du present qui me brule il etanche la flamme, ce puits large et dormeur au cristal enferme ou ma mere baignait son enfant bien-aime. Lorsqu'elle bercait l'air avec sa voix reveuse, qu'elle etait calme et blanche et paisible le soir, desalterant le pauvre assis, comme on croit voir aux ruisseaux de la bible une fraiche laveuse !
Overview
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Contributors
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- Open Author
Marceline Desbordes-Valmore
Editions
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